Mon classement à moi avant que celui du tennis magazine ne paraisse :
Avant tout chose, je tiens à préciser que je n'ai établi ce classement uniquement subjectivement, et donc les raisons n'engagent que moi. Par ailleurs, les raisons qui vont suivre viennent uniquement des souvenirs que j'ai de cette année. Au préalable, je ne suis pas allée sur des sites internet pour me rappeler de ce que chaque joueur avait accompli cette année.
1 – Roger Federer
2 – Rafael Nadal
3 – Novak Djokovic
4 – David Ferrer
5 – Richard Gasquet
6 – David Nalbandián
7 – Guillermo Cañas
8 – Fernando González
1 – Roger Federer : Malgré le fait qu'il ne soit pas mon joueur préféré, et qu'il ait joué à un niveau bien inférieur cette année, il reste incontestablement n°1. Avec 3 Grand Chelem gagnés, et étant le joueur qui a gagné le plus de tournois sur le circuit masculin cette année, je vois pas comment il pourrait en être autrement. Cependant, quand tout le monde disait que ses défaites plus ou moins successives, en particulier celles du mois d'avril, ne voulaient rien dire, je suis pas d'accord. Pour moi, je pense que ça montre que Roger commence la deuxième moitié de son règne, celle où il va commencer, petit à petit, à perdre de plus en plus et à laisser les autres, notamment Nadal, se rapprocher de lui au classement. Bien sûre, ce processus de "régression" va être très lent, et c'est pourquoi je dis aussi qu'il est clair que maintenant, c'est Federer qui détiendra le record du nombre de victoires en Grand Chelem. Il ne joue pas encore assez mal pour ne pas atteindre 14 !
2 – Rafael Nadal : Avec une saison assez similaire par rapport à celle de l'an dernier, dans le sens où son triomphe s'est surtout fait ressentir de février à juillet, il s'installe très confortablement – et de loin – à la deuxième place de mon classement. Et objectivement, de toute façon il la mérite. Nadal est un joueur qui ne cesse de progresser, qui, malgré ce que j'ai dit au début, a beaucoup progressé par rapport à l'an dernier, même si les résultats ont été similaires. La preuve : Wimbledon, et sa finale. Elle a très clairement montré que Nadal peut jouer encore mieux que ce qu'on pense, notamment il se décide définitivement à avoir un meilleur service ! De plus, avec son éternel règne sur terre battue, et malgré sa défaite à Hambourg qui en a fait peur plus d'un (et moi aussi, je dois avouer, surtout à la veille de Roland Garros), c'est justement à Roland Garros qu'il a montré aux autres joueurs qui le pensaient accessible qu'il ne faut pas le sous-estimer, et c'est surtout ça qui fait que Nadal est mon joueur préféré. C'est un phénomène à lui tout seul, autant dans sa façon d'être que dans son style de jeu. Aussi, il a atteint la première place mondiale, certes au classement Race, mais tout de même. C'est une chose qu'il n'avait jamais faite avant. Ayant passé aisément la barre des 5000 points, et Federer étant passé largement en dessous de celle des 8000, mathématiquement il n'y a plus que 2 Grands Chelem qui les séparent. L'an dernier, à la même date, il y en avait 3...
3 – Novak Djokovic : La plus forte, et plus belle progression de la saison. Il a confirmé son incroyable talent décelé l'an dernier de la meilleure des façons. Honnêtement, Novak pouvait difficilement espérer mieux faire que ce qu'il a fait cette année. En s'installant très solidement, donc pour pas mal de temps, à la 3ème place mondiale, je pense qu'on peut presque considérer qu'il fait maintenant partie de l'élite Federer-Nadal. Encore quelques problèmes physiques un peu perturbants, mais un jeu tellement presque complet qu'il est devenu un joueur pratiquement imbattable quand il est à son meilleur niveau, Federer et Nadal en ayant payé les frais en août. Ses premiers titres en Masters Series, sa première finale en Grand Chelem, pleins de références qui ne s'oublient pas et qui ne trompent pas pour un joueur aussi jeune que lui. De plus, c'est un joueur à comportement exemplaire, et ça aussi c'est à honorer. Respectant toujours ces adversaires, il connaît les règles du tennis pas uniquement que sur le court ! Car hors du court, c'est un jeune homme tellement attachant, tellement mignon (dans sa façon d'être), avec ses éternelles imitations qui font qu'on a l'impression qu'il n'est jamais de mauvaise humeur... Homme très professionnel et déconneur à ses heures, il a compris ce que c'est que d'être jeune !
4 – David Ferrer : Ce que je retiens de lui, c'est surtout ses performances depuis sa demi à l'US Open. Je dois avouer que je me suis toujours intéressée de près à ce joueur. Peut-être le fait que je sois attachée à tout ce qui est espagnol ne me fait pas parler objectivement... Ferrer, je l'aime bien, et j'ai souvent dit que c'était un Nadal bis. Tellement bis qu'il a même pris sa place plus d'une fois, mais sans jamais m'énerver pus que ça. Un joueur qui peut compter sur sa puissance de frappe, il en impressionne plus d'un, il est toujours redoutable. Malgré un mental un peu fragile, ayant tendance à s'emporter un peu trop vite et un peu trop tout court d'ailleurs, c'est ce qui fait aussi sa force car rares sont les fois où je l'ai vu lâcher un match psychologiquement parlant. Je crois que le tennis lui tient tellement à coeur qu'il a besoin de se montrer, et de montrer aux autres, qu'il sait avoir confiance en lui. Et j'espère sincèrement que l'an prochain, il continuera mieux que ça, car cette brute au grand coeur, il a encore bien du talent à montrer...
5 – Richard Gasquet : Ah, voilà le « cas » dont je suis la plus fière de parler... Honnêtement, je l'aurais bien placé plus haut dans la hiérarchie, mais les « autres » ont été tellement exceptionnels que j'ai pas pu ! Bien sûre, un classement qui tient en compte aussi le fait qu'il s'agisse d'un joueur français, je dois avouer... Mais au-delà de ça, ce qui lui vaut son classement, c'est surtout sa réussite à avoir prouvé aux mauvaises langues que justement elles ne l'atteignent pas... Et pourtant Dieu sait que ça a été laborieux ! Avec un début d'année catastrophique, autant le dire, jusqu'à Roland Garros, et je rajouterai même Nottingham où j'attendais énormément de lui pour montrer qu'il savait jouer au tennis (car quoi de mieux que l'épreuve où il s'agit de conserver un titre ??), Wimbledon a été la preuve que tout le monde attendait maintenant presque désespérément. Outre le fait qu'il ait fait pour la première fois un quart, et même une demi en Grand Chelem, le plus important a bien été son quart. Car il faut le répéter : comment battre Andy Roddick, qui est quand même Andy Roddick, devant un public totalement pour lui, en étant mené 2 sets à 0 et presque complètement mort physiquement ? La réponse : Gasquet. Si au début de l'année quelqu'un m'avait dit ça, je lui aurais dit que j'aime pas les mauvaises blagues. Et pourtant en y réfléchissant, c'est pas si étonnant. Gasquet, c'est un joueur qui sait jouer. Il possède tous les coups, du coup droit à la volée en passant par un service quasi-parfait et le revers le plus beau du circuit, il ne manquait plus qu'un peu de mental pour combler tout ça. Wimbledon aura donc été le déclic. Le déclic qui déclenche (enfin) son meilleur classement. Après une tournée américaine pré-US Open dans les profondeurs de l'anonymat, Richard doit tout miser à Flushing Meadows pour avoir une chance de prendre le maximum d'avance dans la course à la qualification pour le Masters. Là on se dit que les coups d'éclats, ça existe, et pourtant... A Flushing il déclare forfait au 2e tour, à cause d'une vraie-fausse angine. On se dit que Shanghai, c'est oublié. Il revient à Bombay où il gagne assez de points pour finalement encore espérer (de quoi avoir une crise cardiaque !), il fait une finale à Pékin, et au moment où on commence à vraiment y croire, il fait un non-match à Madrid, encore plus à Lyon, et il manque de déclarer forfait à Paris. Finalement il se ramène, gagne des matches contre toute attente, montre qu'il a progressé au niveau mental à un point tel qu'on n'en oublierait presque qu'il joue devant son public, et il décroche un billet auquel 18 joueurs pouvaient prétendre. Et là on se dit que c'est quand même un peu fou, presque surréaliste. Je me dis que finalement, son année n'aura pas été si gâchée que ça, peu importe ce qu'il nous fait à Shanghai. Et là c'est la confirmation. A 2 doigts d'éliminer Nadal (quand même, s'il vous plait !), sans complexes, il oublie la pression et élimine Novak très très très facilement. Un match un peu bizarre face à Ferrer, là où les questions qu'on aurait dû se poser, ça aurait dû être les mêmes que quand il perd sans qu'on ait eu l'impression qu'il s'est battu. Mais non, car ça a changé. Les choses ont changé, Richard est devenu un homme. Un champion. Mais quand j'y repense, je me demande ce qui l'a vraiment « décoincé ».
Roland Garros 2007 : Richard perd au 2ème tour de Roland Garros contre Kristof Vliegen. Une défaite inexpliquée. Amélie dit : « une défaite comme celle-ci peut amener vers une réflexion profitable. Richard rebondira ». Et quelques semaines plus tard, la nouvelle carrière de Richard commence à Wimbledon... Le plus dur, c'est de la confirmer cette nouvelle carrière. Mais au moins, maintenant il sait ce qu'il vaut...
6 – David Nalbandián : David, c'est comme David (Ferrer !). Je retiens surtout sa fin de saison. Quand on bat 2 fois Roger, qu'on bat Rafael, et encore bien d'autres, j'estime que c'est largement honorable. Alors bien qu'il n'ait pas brillé en début d'année, surtout à cause des problèmes personnels que l'on sait, c'est aussi pour ça que j'ai envie de l'honorer, parce que se relever après le genre d'évènement qu'il a vécu, c'est très loin d'être facile. Mis à part ça, personnellement, ça me fait plaisir qu'on l'ait vu un peu resurgir comme il y a deux ans, car franchement, c'est un joueur qui a un gros potentiel, un tennis bizarre, et c'est ça qui est beau à voir. C'est pas mal, il fait partie des joueurs que j'aime bien voir jouer parce qu'on sait forcément que même si c'est le moins bien classé des 2, ce sera pas un match facile pour son adversaire. Maintenant j'espère qu'il va continuer sur sa lancée, parce que c'est un des joueurs que je considère comme les meilleurs du monde. Il fait partie de la rivalité entre les joueurs qui composent le top 5, et mieux encore, le top 3. Et personnellement, je pense que s'il est pas trop inconstant, il peut faire de grandes choses cette année.
7 – Guillermo Cañas : Alors peut-être que vous comprenez pas pourquoi je place Guillermo dans mon classement, mais je vous rassure, moi non plus je sais pas trop ! Je sais pas pourquoi mais j'avais juste l'impression que ça n'allait pas être honnête si je ne le faisais pas. Car c'est vrai, faut être réaliste, parce qu'avec tous les champions qu'on voit en ce moment, on en oublierait presque qu'il existe une sorte de « deuxième catégorie » où là, il y a des joueurs qui en termes de résultats, ne peuvent pas appartenir à l'élite, mais en termes de jeu, et de performances, n'en sont pas si loin. Cañas, personnellement, j'aime bien le côté simple et naturel qu'il dégage quand il joue au tennis. Il joue bien, il joue très bien, et quoi qu'on en dise, moi je considère que ses deux victoires sur Roger, elles étaient entièrement « clean » et méritées. Au-delà de ça, je pense aussi que revenir à un tel niveau après une longue interruption, c'est vraiment du beau travail. Aujourd'hui je crois qu'il doit faire partie du top 30 ou même du top 20, ce qui est franchement honorable. Maintenant, je sais pas si ça va continuer comme ça, car c'est vrai qu'il commence à se faire vieux mine de rien, et que sans doute la meilleure partie de sa carrière est derrière lui. Ceci dit, je pense que s'il ne perd pas sa confiance, et qu'il a toujours de la motivation, alors il peut espérer obtenir des résultats en conformité avec son talent. A voir en 2008...
8 – Fernando González : J'avoue, c'est pas du tout objectif de mettre Fernando ici, alors que Davydenko, ou encore Roddick mériteraient de faire partie du classement. C'est juste que González, il me plait (tennistiquement parlant uniquement ! Quoique... lol). Il est touchant dans sa façon de jouer, parfois il me ferait presque penser à Paulo. Capable du meilleur comme du pire, ses coups d'éclats montrent qu'il a quand même du talent. Bien sûre, quand je dis ça, je pense surtout à l'Australian Open, car faut être réaliste, c'est un peu le seul superbe résultat qu'il a obtenu cette année. Mais moi j'avais juste pas envie de l'oublier, car je me souviens encore de ce que je disais et de comment je parlais de lui pendant le tournoi. Après qu'il ait éliminé Rafa en 1/4, j'ai compris que rien n'allait l'arrêter. Car, comme Paulo, quand il est en confiance, pas grand-chose peut l'arrêter... Intéressant à voir, mais dans ce cas il faudrait que ça arrive plus souvent. A espérer pour 2008...